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PUM et CHB : le désenfumage est urgent

vendredi 11 mai 2012,

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Communiqué, 11 mai 2012

Véritable serpent de mer, le projet autoroutier « Cerexhe-Heuseux / Beaufays » (CHB) resurgit à intervalles réguliers dans le débat liégeois. Après que le dossier ait été, selon l’expression consacrée, « mis au frigo » en 2009 par la nouvelle majorité régionale PS-CDH-Ecolo, la campagne des élections communales qui approche va, semble-t-il, être l’occasion pour certains élus de la région de tenter de le remettre à l’agenda.

Pour ce faire, on assiste depuis plusieurs années à une véritable instrumentalisation du « Plan urbain de mobilité » (PUM) auquel on fait dire n’importe quoi, d’autant plus facilement qu’il n’est toujours pas publié. Le PUM est ainsi régulièrement présenté comme validant la pertinence de l’autoroute CHB. C’est tout simplement faux et intellectuellement malhonnête. En effet, cette grande étude n’a pas porté sur CHB. Sur les instances du pouvoir politique (qui s’est d’ailleurs exprimé clairement sur le sujet |1|), les auteurs du PUM (dont on rappellera qu’il a été réalisé avant 2009 (!)) ont été priés de considérer l’autoroute comme une donnée, un fait politiquement acquis (et donc d’oublier l’étude de variantes du projet ou d’alternatives).

Bref : un minimum de rigueur scientifique mène à considérer que le PUM ne permet pas de conclure quoi que ce soit concernant CHB, ni en bien ni en mal. Pour évaluer la pertinence de CHB, il faut se référer aux études relatives à l’autoroute (notamment son Etude d’incidences sur l’environnement et ses annexes).

Plus généralement, on peut rappeler quelques éléments incontournables du débat sur CHB, qui semblent échapper à bon nombre d’acteurs politiques liégeois :

  • Que cela plaise ou non, l’autoroute CHB est budgétairement irréaliste dans le contexte actuel. Elle l’est d’autant plus que des priorités beaucoup plus urgentes demeurent en souffrance.
  • Ainsi que le confirme une lecture des nombreuses études concernant CHB, ce projet est inadéquat à répondre aux problèmes de mobilité rencontrés à Liège, que ce soit la saturation du tunnel de Cointe ou du « ring Nord » ou la persistance d’un trafic de transit sur les quais de la Dérivation. Trop éloignée du centre-ville, l’autoroute CHB échouera notamment à capter le trafic de fond-de-vallée. En outre, CHB ne concerne pas les grands flux de transit passant par Liège (principalement orientés sur un axe Est-Ouest).
  • Au contraire, l’autoroute CHB, si elle est réalisée, sera un puissant vecteur de péri-urbanisation, c’est-à-dire qu’elle va accroître la dispersion du bâti à l’Est de Liège, de ce fait appauvrir la Ville de Liège et avoir un « effet d’appel » entraînant un usage encore plus important qu’aujourd’hui de la voiture individuelle — et donc une pression automobile accrue sur la ville. Bref : CHB constituerait une nuisance pour Liège.
  • Avec la demi-décision de 2009, la situation des riverains reste gravement problématique : les biens concernés par la zone de réservation restent « gelés » depuis 1969, au préjudice de leurs propriétaires. C’est là que se trouve la véritable urgence : après l’annulation des arrêtés d’expropriation, récemment publiée au Moniteur, il faut maintenant apporter une solution à ces personnes.

En conséquence de quoi, urbAgora demande, une nouvelle fois :

  • La suppression de la zone de réservation au plan de secteur, seule manière réaliste d’apporter une solution aux riverains.
  • Que le PUM soit publié sans délai, de façon à tordre le cou à cette véritable légende urbaine selon laquelle il prouverait la pertinence de CHB. Cela permettra aussi de mener enfin un vrai débat sur la mobilité dans l’agglomération liégeoise, aujourd’hui confisqué. Et d’envisager, si le besoin en est démontré, des solutions techniques mieux adaptées à répondre aux problèmes.

|1| Cf. en particulier l’interview de Stéphane Moreau dans La Meuse du 29 septembre 2008.

 

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4 messages

PUM et CHB : le désenfumage est urgent
posté le 23 janvier 2013 par Neuray Denis

Votre article a attiré toute mon attention.
Je réside Quai du Roi Albert à Liège/Bressoux depuis 2009.
Nous subissons un passage nocturne de poids lourds principalement destiné aux raffineries pétrolières de Wandre. Pourquoi pas par l’autoroute ? De plus aucun outil de limitation de vitesse (flash, ...) aussi ces camions circulent à vive allure et font vibrer les maisons toute la nuit.
Depuis la déviation du trafic pour la réalisation des quais de Meuse, c’est l’enfer. Un trafic fou et les véhicules font même la course en reprenant les files par la bande de droite.
Cette bande a été, ridiculement, équipée de plateaux mal signalés et inutiles sauf à encore plus faire vibrer les maisons.
Le TEC fait passer ses bus au même endroit et rarement à 50 km/h.

Voilà désormais un quai comme les précédents où il ne fait plus bon se promener, sortir un vélo, ...

Que propose la Ville de Liège comme solution.

Car le résultat sera simple : exode des gens qui entretiennent leur maison et paient leurs impôts et taxes pour laisser place aux maisons à 150 sonnettes, avec comme suite la paupérisation du quartier, abandon de maisons, habitats insalubres, quartiers remplis d’immondices sauvages ... insécurité ... j’en passe.


Pas d’accord
posté le 11 mai 2012 par Luc HERZE

pas d’accord


Pas d’accord
posté le 11 mai 2012 par François Schreuer

Pourquoi ?


PUM et CHB : le désenfumage est urgent
posté le 11 mai 2012 par Thomas

J’ai toujours été d’avis que CHB ne règlerait au mieux que partiellement le problème d’encombrement du fond de vallée, pour les raisons décrites plus haut. Je suis néanmoins persuadé qu’il est aussi urgent de régler ce problème que de traiter des projets de tram ou de REL. Urbagora sera sans doute en accord avec moi si je dis que ces dossiers sont inextricablement liés. Or le traitement du trafic de fond vallée n’est par réellement abordé. Soit on croit le régler avec détournement routier, soit via les transports en commun. Mais le tram ne supprimera pas le problème, même s’il permettra de "soulager" grandement la ville (un tram complet avec plusieurs ligne, et un REL, s’entend, pas la courte solution actuelle).

Il faut prévoir en parallèle avec le tram, et grâce à la dynamique opérée par celui-ci, un système de détournement du flux de voiture (qui continuera à exister) hors du contexte urbain. Ce sur deux axes parallèles (au moins) : le long de la Meuse en rive gauche, et le long de la Dérivation (des deux côtés).

Le long de la Meuse, on annonce des travaux de Fragnée à Piercot, qui "domestiqueront" le trafic, mais n’en réduiront pas la présence physique. Pas trop grave : nous ne sommes pas au Centre, et les quais y sont fort larges. Mais pour Chiroux-Déportés, aucune solution. Pire : un report total du trafic sur les quais, avec des trottoirs haut (autant dire des barrières physiques et psychologiques). Une seule solution à cet endroit : un passage du trafic sous les quais, comme à Maastricht et Cologne. C’est fou et énorme, mais le jeu en vaut la chandelle...

Pour la Dérivation, il fut un temps imaginé un tunnel sous la Chartreuse. Au prix de combien de démolitions, et du ravage de quels quartiers ? Voilà encore un projet colossal, tout au moins. Les solutions ne sont pas légion pour le trafic de transit à Liège, à moins de raser toutes les collines...


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