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Avis dans le cadre de l'enquête publique sur les zonings économiques de Cahottes 2 et de Rossart

lundi 30 décembre 2013,

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30 décembre 2013

Dans le cadre de l’extension prévue des parcs d’activités économiques autour de l’aéroport de Bierset, et suivant le plan de secteur adopté en 2003, les zones « Cahottes 2 » et « Rossart », situées au sud de la E42, sur la commune de Flémalle, font l’objet d’une enquête publique concernant la reconnaissance de zone d’activités économiques et d’expropriation. Il s’agit d’élargir la zone existante (« Cahottes 1 ») à l’est et à l’ouest, en bordure du village des Cahottes, avec un tissu de PME qui peuvent justifier d’un lien direct et essentiel avec les activités de l’aéroport pour bénéficier de cette implantation.

Ayant assisté à la séance d’informations publique le 3 décembre 2013, et ayant pris connaissance du document disponible à l’administration communale, urbAgora formule l’avis suivant.

Commentaires généraux

En premier lieu, nous nous interrogeons sur le choix de ce type de développement économique. Les nouvelles donnes environnementales obligent à revoir les choix du passé, surtout concernant des produits locaux et périssables : alimentation, fleurs... Miser sur le développement aéroportuaire comme vision d’avenir durable n’est pas rassurant quant à la capacité de nos responsables à ébaucher une vision d’avenir pour notre région. Le soutien de la SPI à la ceinture alimen’Terre liégeoise est brandi comme argument de soutien au développement de l’agriculture locale... et ce de manière tout à fait compatible avec l’importation de produits frais depuis le Qatar, où les normes environnementales de production nous échappent entièrement. L’argent public en soutien à l’économie doit selon nous être prioritairement affecté à l’économie locale : agriculture, culture, artisanat, dépollution des sites industriels, services de livraison à domicile en modes doux, aide aux personnes. Les infrastructures manquent pour ces secteurs qui auront toujours un avenir.

Les terrains concernés par l’enquête étant situés dans une zone à fortes restrictions pour leurs usages, nous demandons l’étude d’une affectation économique différente, en particulier pour des cultures à destination non alimentaire — étant donné la forte exposition à la pollution liée à la fois à la proximité d l’autoroute et aux gaz d’échappements des avions — et compatibles avec une économie respectueuse de la planète : bois, chanvre pour l’isolation des bâtiments, fleurs...

En deuxième lieu, nous constatons que les zones concernées par l’enquête deviendront inévitablement, d’ici quelques dizaines d’années, de nouvelles friches industrielles : le pic du pétrole ayant été atteint, les aéroports n’ont certainement pas un aussi bel avenir que ce qu’on veut nous faire croire. Ceci alors même que la commune de Flémalle peine déjà à reconvertir les sites occupés par l’ancienne industrie sidérurgique.

Nous demandons une étude détaillée des possibilités de reconversion des sites existants, avant d’en condamner de nouveaux, ce tant dans la perspective d’économiser des terres qui pourraient être affectées à d’autres usages que dans celle d’éviter au maximum l’étalement urbain qui sera nécessairement induit par le développement de l’aéroport. Le dossier de demande de reconnaissance est beaucoup trop laconique à ce propos, se contentant de mentionner en pages 44 et 45 qu’il faut rappeler que l’objectif poursuivi est de profiter du développement de l’aéroport pour créer de l’activité : la proximité est donc un atout indispensable pour atteindre cet objectif. Tout éloignement compromet la synergie réciproque escomptée entre aéroport et zones d’activités économiques.

Concernant les alternatives dans la commune de Flémalle, il apparaît qu’aucun autre site de la commune n’est disponible actuellement dans la proximité de l’aéroport pour accueillir spécifiquement des activités compatibles en ZAEM |1|.

Or, Flémalle dispose d’un potentiel économique existant ou passé le long de la voie d’eau, avec plusieurs implantations du port autonome de Liège à proximité (Engis). Parmi les espaces qui doivent trouver une nouvelle affectation, citons le site d’EUROFIL à Yvoz-Ramet, le site de l’ancienne Cockerie à Flémalle-Grande, ou encore le site DUFERCO rue Vieille Fosse. Une zone d’activités économique (Arbre St-Michel) existe déjà le long de la N677 reliant l’aéroport à la vallée : certaines des activités qui s’y trouvent pourraient être déplacées en milieu plus urbain, de manière à laisser de la place aux besoins de l’aéroport. Tous ces sites ne sont pas loin (environ 10 minutes) et pourraient convenir pour des services. Citons encore la proximité du site du Val Saint-Lambert, directement connecté sur l’aéroport via la N677, également prévu pour des activités dites « artisanales ». Il conviendrait de vérifier qu’il n’y a pas de concurrence entre communes pour les parcs d’activités économiques comme c’est le cas pour les centres commerciaux...

De plus, une cartographie du territoire de la commune et ses environs immédiats recensant l’entièreté des zones d’activités économiques, actuelles, à réaffecter ou prévues au plan de secteur donnerait une vue d’ensemble sur les impacts territoriaux et paysagers, en ce compris en sous-sol (anciennes exploitations de phosphate, mais aussi pollutions et impacts sur des activités futures), ainsi que les conséquences sur la qualité de vie des habitants. Le site de Cowâ, dont la mise en œuvre est prévue pour 2018 à en croire le PST de la commune de Flémalle |2|, va ainsi compléter le tableau, en plein cœur de la seule zone d’intérêt paysager qui reste intacte sur la commune, et dont les mérites sont vantés par le service du tourisme de la commune.

Nous pensons qu’il est de l’intérêt de la commune de Flémalle de prioritairement suturer les friches que le passé industriel a laissées, et de ne pas en créer d’autres — les zones de Cahottes et Rossart le deviendront inévitablement à moyen terme. Le potentiel agricole et paysager du nord de la commune devrait être valorisé de manière à améliorer le cadre de vie des habitants. Les efforts d’embellissement des futurs zonings laissent sourire, tant il serait malheureux de ne laisser d’autre alternative aux riverains pour leur détente que d’aller se promener dans un zoning « avec trottoirs et bancs ». Le sud de la commune pourrait par contre s’inscrire harmonieusement dans un plan global de reconversion de la vallée industrielle, en cohérence avec les efforts entamés de la ville de Seraing, l’essor des activités fluviales qui seront — on l’espère — le fruit du nouveau trilogiport, et même avec le projet de requalification des espaces situés autour de la gare de Huy.

Les connexions des zones d’emploi avec les transports en communs étant essentielles, c’est autour des gares que celles-ci doivent se trouver. La commune est particulièrement bien située entre Liège et Huy, et est plus largement accessible aisément depuis tous les points de la dorsale wallonne. Il s’agit là d’un atout à ne pas négliger pour le futur, et d’un passeport pour l’emploi pour les personnes n’ayant pas les moyens de s’offrir une voiture.

Remarques particulières

Dans le cas de la réalisation, malgré tout, des zonings, voici trois remarques que nous souhaitons voir prises en compte.

Dans la zone de « Cahottes 2 », il serait possible de limiter les expropriations au cœur du village en arrêtant la zone à hauteur de la nouvelle voirie au nord du village. Ces expropriations risquent de coûter cher en regard des gains de terrains obtenus. La zone tampon à tracer y gagnerait aussi en longueur et en largeur, profitant de la voirie pour éloigner un peu plus les bâtiments d’entreprises.

En ce qui concerne les expropriations de la zone « Rossart », nous demandons que soit examinée la possibilité de réutiliser les bâtiments pour des bureaux d’entreprise, comme cela a déjà été fait de manière ponctuelle par le passé. Cela permettrait une intégration maximale des activités dans le paysage, avec un accès routier à ces habitations par leur côté arrière actuel.

Enfin, 700 travailleurs à ajouter aux presque 600 déjà présents, cela st beaucoup par rapport à la population villageoise. L’accessibilité du zoning pour les travailleurs est actuellement uniquement prévue par automobile. Les trottoirs et pistes cyclables ne serviront que si des points d’accès faciles mènent jusque là. Nous demandons la création d’une ligne de bus reliant les sites à Flémalle, gare de Jemeppe sur Meuse et Seraing, qui servira également pour les riverains.

Lire aussi, dans Le Chaînon manquant : Les fleurs de Bierset, analyse de Mathilde Collin sur l’extension du zoning d’activité économique de l’aéroport de Liège.

|1| Reconnaissance de ZAE autour de l’aéroport de Liège, sous-zones Cahotte 2 et Rossart, Dossier de reconnaissance de zone et d’expropriation, SPI, septembre 2013, pp. 44-45. Disponible dans la bibliothèque numérique d’urbAgora.

|2| Commune de Flémalle, Plan stratégique transversal, approuvé par le conseil communal du 28 février 2013. Disponible dans la bibliothèque numérique d’urbAgora.

 

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