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« Haïsses-Piedroux » : l'avis d'urbAgora dans l'enquête publique

mercredi 28 juin 2017, par Laurent Nisen

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Monsieur le bourgmestre,

Nous avons l’honneur, par la présente, de joindre la voix de l’asbl urbAgora à celles, déjà très nombreuses, de tous les citoyens qui s’élèvent aujourd’hui pour demander l’abandon du projet « Haïsses-Piedroux » — et donc le rejet pur et simple de la demande de permis d’urbanisation introduite par la société Neufcour sur les hauteurs de Chênée.

Nous sommes convaincus que la Ville de Liège ferait une erreur grave en adoptant sur son territoire — dans le but de faire revenir des habitants — les formes et les moyens de l’urbanisation périphérique.

Pour redevenir attractive pour les publics qui la mésestiment aujourd’hui, la ville doit selon nous miser sur ses points forts — proximité des services et du transport public, mixité fonctionnelle et sociale, accès aisé à la culture, possibilité de se passer d’une voiture,… — et travailler sur ses points faibles, en particulier en améliorant la qualité de ses espaces publics, qui reste trop faible aujourd’hui, et en réduisant les nuisances de toutes sortes que subissent ses habitants (bruit, pollution, vitesse des voitures,…).

« Haïsses-Piedroux », c’est rien moins que l’inverse radical de cette stratégie. « Haïsses-Piedroux », c’est un projet spatialement refermé sur lui-même et marqué par une complète monofonctionnalité, loin de tout et notamment du premier arrêt de bus. « Haïsses-Piedroux », c’est l’éloignement des services au point d’inciter les éventuels futurs occupants à prendre leur voiture pour aller chercher un pain. « Haïsses-Piedroux », c’est au bas mot 1000 nouvelles voitures sur les routes liégeoises, non seulement dans le nœud chênéen déjà passablement saturé, mais sur l’ensemble du réseau, sur les quais de la Dérivations (qui sont comme on le sait un axe de pénétration urbaine contre la saturation duquel la seule réponse se trouve dans le report modal et non dans la construction de nouvelles infrastructures périphériques). « Haïsses-Piedroux », c’est encore plus de bruit, de pollution, de trafic pour tous les habitants de la ville qui ont là un motif légitime à refuser la poursuite de ce type d’urbanisation.

Ce dossier pose également la question de l’usage du foncier dans un contexte où l’heure n’est plus à le dilapider. Peut-on encore se permettre d’urbaniser à moins de 20 logements à l’hectare ? Peut-on encore se permettre de gaspiller des terres arables alors que la souveraineté alimentaire de l’Europe risque d’être un enjeu criant dans une ou deux générations ? Nous plaidons, au contraire de la voie dans laquelle veulent nous emmener les promoteurs de « Haïsses-Piedroux », pour une sobriété déterminée dans l’usage du foncier, passant pas l’urbanisation prioritaire des friches (en mettant, si c’est indispensable, les moyens importants requis pour leur dépollution approfondie), en particulier celles qui sont situées à proximité des axes de transport public. Nous plaidons pour la sanctuarisation de vastes poches d’espaces verts, dont l’utilité — agricole, biologique ou de loisir — n’est plus à démontrer. Nous plaidons enfin pour la préservation de ressources foncières conséquentes, dont les générations futures auront la plus grande utilité.

« Haïsses-Piedroux », c’est enfin un coup de poignard porté dans le cœur d’un somptueux paysage, l’un des plus beaux espaces naturels qui demeurent sur le territoire communal liégeois. Même s’il s’agit là d’une valeur moins immédiatement matérielle ou quantifiable que ne peuvent l’être d’autres aspects du problème, cette valeur est à nos yeux considérable. Elle constitue un patrimoine collectif. Et la façon dont les auteurs du projet « Haïsses-Piedroux » ont dessiné celui-ci témoigne d’un manque de considération grave à l’égard de ce patrimoine.

Dans la suite de l’étude que nous avons publiée en 2014 — étude qui est d’ailleurs analysée dans l’étude d’incidences sur l’environnement du présent projet, rédigée par le bureau Pissart (dans l’optique évidemment un peu limitée de l’analyse d’un projet immobilier donné) —, nous plaidons, plus que jamais pour que soit concrétisée, sur le site du Ry-Ponet, la proposition d’un parc métropolitain de plusieurs centaines d’hectares. Cette proposition que nous avons mise sur la table est aujourd’hui largement reprise par de nombreux citoyens actifs et par de multiples collectifs. Elle pourrait constituer un projet mobilisateur pour la Ville, fédérateur de nombreuses bonnes volonté, vecteur concret de supracommunalité en impliquant les trois ou quatre communes concernées. Il s’agirait aussi d’un levier touristique et d’un formidable adjuvant au plan de l’image de la ville. Nous vous prions instamment de prendre le temps de considérer cette proposition.

Nous vous adressons, Monsieur le bourgmestre, nos salutations les meilleures.

Pour l’asbl urbAgora,

Laurent Nisen
président

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