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Avis dans le cadre de l’enquête publique sur l'aménagement des quais de Meuse

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Courrier au Collège communal liégeois.

Monsieur le bourgmestre,
Madame et Messieurs les échevins,

J’ai l’honneur de vous faire part de l’avis de l’asbl urbAgora concernant le projet de réaménagement des Quais de Meuse à Liège, soumis jusqu’à ce 6 septembre à enquête publique.

Avant toute chose, je tiens à rappeler le soutien de notre association à ce projet, déjà manifesté dans le cadre de l’étude d’incidence du projet et dans notre communiqué du 7 octobre 2010 |1|. Nous y faisions part de notre enthousiasme, pour ce qui apparait comme un « tournant culturel dans le chef des aménageurs publics, qui proposent ici une vision équilibrée d’un espace urbain dans lequel tous les usagers de la ville ont — enfin — leur place [et] où le bord de Meuse redeviendra un espace agréable, accessible aux usagers lents, propice à la promenade ». Mais nous pointions également quelques carences fondamentales du projet : l’absence de prise en compte du pied du pont de Fragnée dans le périmètre d’aménagement (alors que distant de seulement 50 mètres de son pourtour), les inconnues liées à la conception de la future passerelle enjambant la Meuse et l’absence de plan de circulation globale du quartier des Guillemins. Si la lecture du permis tend à confirmer globalement notre propos — et qu’enfin une communication est annoncée le 13 septembre prochain à propos de la passerelle —, il s’accompagne également de remarques nouvelles.

1. Remarques d’ordre général

1.1. Nous souhaiterions voir le projet accorder une priorité plus claire aux modes doux. Certes, l’optique dans laquelle le projet de réaménagement des quais tel a été conçue semble bien être celle-là. N’empêche : à y regarder de plus près, le risque nous paraît réel de voir s’opérer un glissement vers une conception davantage routière et de revenir, ce faisant, aux bonnes vieilles habitudes de l’ex-Ministère de l’Equipement et des Transports, qui était réputé pour arbitrer systématiquement en faveur des mesures propices à la fluidité de la circulation automobile au détriment des usagers faibles. Ce risque se concrétise notamment, dans le permis, par le choix de raboter la largeur du cheminement cyclo-pédestre en bord de Meuse, là où le quai est le plus étroit, pour implanter quelques dizaines de places de parking supplémentaires. L’absence d’aménagement du pied du Pont de Fragnée pose quant à lui la question de la cohérence de l’aménagement : pourquoi créer un cheminement cyclable en bord de Meuse si rien n’est prévu pour permettre aux cycliste de s’insérer dans la circulation aux extrémités de cet aménagement ?

1.2. Il reste indispensable de réaliser dans les meilleurs délais un plan de circulation du quartier des Guillemins, maintenant (au contraire de ce qui est envisagé avec la coupure de la rue de Sclessin entre les rues Bovy et Paradis) un minimum de perméabilité interne aux quartiers pour les habitants, tirant profit des nouvelles entrées dans le quartier prévus sur le quai et amenant enfin une solution à l’engorgement inacceptable des bus dans les rues de Sclessin et Buisseret. Un tel plan pourrait notamment s’articuler autour d’une mise en sens unique (sauf pour les bus) des rues de Sclessin et Buisseret (vers la place Leman), qui limiterait fortement le trafic de transit et permettrait de retrouver un service correct pour le transport en commun. Comme nous l’avions souligné il y a un an, l’absence d’un tel schéma constitue un sérieux préjudice à la bonne gestion actuelle et à venir du quartier, d’autant plus cruciale qu’il est le théâtre des certaines des enjeux urbains les plus importants pour Liège en cette entrée du XXIe siècle |2| ? Tous les éléments nous semblent pourtant être en place pour pouvoir établir un scénario fiable pour la circulation à venir. Nous réitérons donc notre demande : sans plan de circulation global, les riverains du quartier des Guillemins seront otages des projets qui s’y développent sans vision partagée de la mobilité, comme c’est le cas aujourd’hui.

2. Demandes concernant des points particuliers

2.1. Supprimer une partie du stationnement projeté en bord de Meuse sur le Quai de Rome. Le Quai de Rome totalise, dans le permis, 6 voies réservées à l’automobile (2 bandes dans chaque sens plus 2 bandes de stationnement) pour deux trottoirs réservés aux usagers faibles, l’un du côté du front bâti ; l’autre du côté de la Meuse. Le partage de l’espace public reste donc très largement favorable à la voiture |3|. Certes, il s’agit d’une amélioration par rapport à la situation actuelle… Mais c’est évidemment insuffisant dès lors qu’on prétend « rendre la Meuse aux Liégeois ». À l’analyse du permis, on constate aisément que c’est la réalisation d’une bande de parking continue, de part et d’autre des deux voies de circulation, sur les 2 km définis par le périmètre d’intervention, qui pose problème. Si cette mesure globale est revendiquée à juste titre comme visant à ralentir la vitesse des automobilistes — et à maintenir grosso modo le nombre actuel d’emplacements de parkings —, son application littérale sur le quai de Rome (comme devant l’évêché, à l’autre extrémité) frise le dogmatisme. Comment peut-on en effet justifier la création de tels emplacements de parking sachant qu’elle va réduire drastiquement l’espace réservé aux usagers lents le long de la promenade qui sera créée en bord de Meuse, quitte à nuire au confort de ses futurs usagers ? Au point le plus étroit du quai, ces places de parkings, d’une largeur de 2,30, ne laisseront qu’un goulot de 2,70 m aux promeneurs et aux cyclistes !

Le choix d’une telle projection est d’autant difficile à concevoir que le « RAVeL » de la rive droite démontre, les jours de beau temps, qu’une conception initiale trop étriquée a finalement produit un aménagement inadapté à l’afflux des promeneurs et à la circulation des vélos. Si, dans le cas du RAVeL, l’aménagement s’explique en partie par des contraintes physiques fortes (comme l’imposant parking souterrain du Palais des Congrès qui réduit à portion congrue la bande cyclo-pédestre qui le longe), cet argument ne peut en aucun cas être retenu pour le quai de Rome, où l’espace réservé demain aux usagers lents dépendra de la place que le SPW voudra bien lui donner, de votre engagement politique à y accorder la priorité et de la traduction que les auteurs de projet en feront sur le terrain ! Nous demandons donc la suppression de la quarantaine d’emplacement de parkings prévus en bord de Meuse |4| sur le quai de Rome, entre la rue de Harlez et la rue de Fragnée.

2.2. Aménager les 50 mètres de trottoir manquant jusqu’au Pont de Fragnée. Si le budget ne permet pas, dans la phase d’aménagement actuel, de réaliser le réaménagement global du pied du Pont de Fragnée, il est alors indispensable d’au minimum élargir et remettre en état les 50 mètres de trottoir côté Meuse entre le pont et la future promenade, pour permettre l’accès des piétons et des cyclistes au pont. Il est notamment indispensable de permettre aux cyclistes arrivant du quai de Rome de pouvoir franchir la Meuse en empruntant le Pont de Fragnée, ce qui est strictement impossible dans la configuration actuelle (un cycliste arrivant de la piste cyclable prévue sur le Quai doit mettre pied à terre, franchir deux passages pour piétons et se réinsérer dans le trafic au bout de l’avenue Digneffe, ce qui représente une perte de temps de plusieurs minutes, laquelle obère fortement l’intérêt de l’aménagement cycliste du Quai pour la mobilité quotidienne). Nous vous demandons donc, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins, d’appuyer avec insistance cette requête auprès du SPW. Par la même occasion, il serait indispensable d’harmoniser les luminaires existants du pied du Pont de Fragnée avec ceux nouvellement créés dans le périmètre d’intervention. Sans quoi la cohérence du plan lumière à cet endroit en sera fortement précarisée.

2.3. Prévoir la poursuite du cheminement cycliste au-delà de l’évêché. Sur le même principe que pour le Pont de Fragnée, l’aménagement cyclable en bord de Meuse ne trouvera toute son utilité que s’il permet d’accéder au centre-ville. Pour ce faire, nous proposons l’aménagement d’une piste cyclable empruntant la trémie située au pied du Pont Kennedy et reliant l’extrémité de l’aménagement ici prévu avec la place du XX Août.

2.4. Opter pour le passage du tram par la rue des Guillemins, car cette solution optimise la connexion entre le tram et la gare (proximité entre l’arrêt de tram et l’entrée de la gare), raccourcit le trajet entre celle-ci et le centre-ville (et donc fera gagner du temps à des dizaines de milliers d’usagers quotidiens), permet de développer un espace piétonnier de qualité sur l’esplanade (là où les tracés actuellement envisagés pour le tram passage du tram à travers celle-ci la rendront impropre à en faire, notamment, un espace de jeu pour les enfants ou à accueillir des manifestations publiques) et permet de réaliser complètement l’aménagement paysager envisagé Avenue Blonden et donc de créer une liaison verte entre le parc d’Avroy et celui de Boverie, via la future passerelle. Dans tous les cas, l’incertitude actuelle sur le tracé doit être rapidement levée.

2.5. Planter de véritables hautes tiges quai de Rome, et assurer la continuité des plantations. Un œil averti constatera qu’entre le projet présent à l’étude d’incidences en 2010 et le permis d’urbanisme, la plantation d’arbres prévue quai de Rome a sérieusement été réduite sur des tronçons entiers. Alors que le caractère minéral domine particulièrement sur ce quai de la Meuse — en raison de l’imposant et continu front de buildings — il serait regrettable qu’un alignement tant soit peu conséquent ne puisse être mis en place. Qui se plaint d’ailleurs aujourd’hui des allées plantées centenaires — pour la plupart protégées — que sont les quais de Maastricht, des Ardennes, de Gaulle, des Tanneurs, Bonaparte, Kurth, etc.? Pourquoi devrait-on s’en priver pour ce nouvel aménagement, que l’on espère le plus pérenne possible ? Dans le même ordre d’idée, l’essence retenue pour cette plantation — le charme commun — ne semble pas aller dans le sens d’une allée majestueuse une fois les arbres arrivés à maturité. À cet égard, il suffit d’observer la désastreuse expérience menée alors par le MET quai de la Batte avec cette même essence : en quinze ans, les arbres n’ont pratiquement pas grandi, et l’alignement confère au ridicule.

2.5. Supprimer le stationnement projeté devant l’Evêché. L’Évêché est l’un des rares monuments de l’ancienne Principauté jouxtant la Meuse ; nous déplorerions, à travers la forme de dogmatisme dénoncée précédemment, de voir son rez-de-chaussée rester partiellement dissimulé au regard par des emplacements de parking. Le dégagement du pied du bâtiment et la mise en œuvre d’une valorisation nocturne à travers un éclairage approprié, dans la continuité du plan lumière de la Ville de Liège, constituerait un atout patrimonial indéniable.

3. Conclusion

Le projet présenté va métamorphoser la situation actuelle et offrir un cadre de vie incomparablement meilleur à celui existant ; néanmoins, il serait regrettable qu’aussi près de l’objectif avoué de « rendre la Meuse aux Liégeois », les imperfections relevées ici ne puissent être gommées au bénéfice de la collectivité en raison d’un manque d’arbitrage en faveur du confort des usagers faibles. Il est dès lors évident que seule votre attention, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins, au jour le jour, en faveur de ces mêmes usagers, sera gage du succès d’une opération d’une telle envergure.

En espérant que ces remarques contribueront à la réalisation d’espaces publics de grande qualité, je vous prie d’agréer, Monsieur le bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins, l’expression de ma considération distinguée.

François Schreuer
Président de l’asbl urbAgora

|2| Doit-on rappeler ici l’exceptionnel concentration de projets réalisés ou en devenir du quartier des Guillemins, tels que la nouvelle gare et le flux de voyageurs qu’elle génère, la reconstruction annoncée de plusieurs centaines de logements et bureaux en bordure de l’esplanade (avec les nouveaux déplacements qu’ils vont susciter), sans oublier le passage du tram, le présent projet de réaménagement des quais, la réaffectation du Val Benoît ou encore la construction de milliers de m² de bureaux rue du Plan Incliné ?

|3| Plus précisément : 16,60 m réservée à la voiture (4 x 3 m de bandes de circulation, 2 x 2,30 m de bandes de parking) plus la largeur de la berme centrale, non accessible… pour en moyenne, seulement 6 m réservé aux usagers lents (dont côté Meuse, en moyenne un trottoir de 3 m de largeur et même 2,70 m à son endroit le plus étroit).

|4| Il n’est nullement ici question de supprimer du parking côté front bâti.

Lire aussi

Communiqué | Quais de la rive gauche : un bilan globalement positif

vendredi 17 avril 2015,

Après deux ans et demi de travaux, les quais de Meuse réaménagés, entre Fragnée et l’Evêché, seront inaugurés ce week-end des 18 et 19 avril 2015. L’occasion pour urbAgora de refaire le point sur le dossier et d’en tirer quelques enseignements.

 

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6 messages

Avis dans le cadre de l’enquête publique sur l’aménagement des quais de (...)
posté le 18 octobre 2011 par Igor Gabriel

De passage à Bâle ou Maestricht, on a pu observer que l’aménagement des quais comprenait aussi la réalisation de débarcadères qui se succèdent régulièrement le long des berges.
Bien sûr, ils ont une fonction, ils accueillent les navettes qui desservent les différents quartiers de la ville aux heures de pointe ou de loisirs.
Pourquoi pas à Liège ?
Au départ de la gare !
Les navetteurs sortent du train et embarquent directement (Et au plus près, tant qu’à amener l’eau devant la gare !) sur la navette qui les conduit vers Seraing ou Herstal en desservant Outremeuse, le centre, le nord...
On libère du transport en commun routier, on diminue les voitures, les places de parking... et on se paye un voyage quotidien en "Vaporetto".
On resème de la vie sur la Meuse.


Refonte du réseau bus
posté le 5 octobre 2011 par GIL

Lien vers une description d’une refonte complète d’un réseau de bus (à Lyon), avec différents types de lignes bien distingués, parfois en complément d’autres moyens de transport public, mais aussi avec des fonctions autonomes bien ciblées.
Montre la nécessité de la prise en compte des bus dès le départ, dans le chantier de transformation des transports publics liégeois, et notamment des sites propres bus dans la conception générale de l’aménagement des voiries (notamment quais sur Meuse).

[http://www.atoubus.tcl.fr/]


Focalisation sur le tram au détriment des bus
posté le 22 septembre 2011 par GIL

Le problème des parkings semble renvoyer à la desserte en bus du quartier. La saturation du parcage est notamment provoquée par les écoles du quartier et ce public devrait plus fortement utiliser les transports en commun. Ce ne peut se faire qu’en en améliorant la qualité.

À cet égard, la focalisation actuelle sur le tram au détriment des bus est fort négative. Les aménagements des quais et des boulevards oublient carrément les bus : personne ne sait où ils passeront et comment, et où seront situés leurs arrêts. Il semble pourtant nécessaire de concevoir, sur les axes délaissés par le tram, un réseau de bus autonome (énergie future à spécifier) qui ne s’englue pas dans la circulation.

Urbagora se veut pourvoyeur d’alternatives et de solutions globales, et l’est, parfois avec bonheur. Mais souvent aussi d’une manière définitive et sentencieuse qui ne laisse que peu de place aux débats publics dont elle se fait le chantre paradoxal. Il peut paraître regrettable aussi que la « grandeur » ou le côté spectaculaire ou à la mode de certains projets semble plus intéresser les intellectuels que le quotidien des habitants.

Est-il surprenant dès lors qu’aucune proposition ne soit faite quant à l’organisation future du système de bus, quant à sa conception (en site propre ou non), quant aux positionnements de ses arrêts ? Espère-t-on que quelque chose de bon et de novateur vienne du TEC ? Cela surprendrait.


Focalisation sur le tram au détriment des bus
posté le 22 septembre 2011 par François Schreuer

Bonjour,

Merci pour cette interpellation qui pique juste. Vous avez raison : nous prenons tant qu’à présent trop peu en compte la question du bus et une bonne partie de notre travail porte aujourd’hui sur la question du tram (et du train). Ce positionnement se justifie en principe par le fait que du tracé du tram dépendra l’organisation des lignes de bus |1|. Et comme il est beaucoup plus facile de dévier des lignes de bus (et même de créer des sites propres de bus) que de poser des rails, on s’intéresse d’abord aux rails. Nous savons que la réorganisation du réseau de bus constituera l’un des plus gros chantiers pour la mobilité liégeoise dans les années à venir mais jusqu’à présent nous avons implicitement considéré que nous avions encore un peu de temps avant de nous exprimer sur le sujet. Cette méthode de travail trouve cependant ses limites dans un cas comme celui-ci, dès lors que l’aménagement des quais est de toute évidence un projet « définitif ». Donc oui, l’avis remis dans le cadre de la présente enquête publique aurait en parler.

Maintenant, il faudra discuter en détail de la manière dont il convient d’organiser ce futur réseau de bus, dans les différentes hypothèses de tracé du tram. À cet égard, je partage une bonne partie des principes que vous énoncez dans votre précédent message — mais pas tous. Si tenir une telle discussion avec nous — qui ne peut se mener qu’autour d’un plan — vous intéresse, je vous invite à prendre contact.

Bien à vous,

FS

PS : Quant à la question du débat public, vous en avez, je vois, bien noté la dimension paradoxale. Disons simplement que nous préférons parfois, au formalisme d’un échange de vue entre « acteurs » institués qui tourne trop souvent à vide (faute d’être alimenté), la technique du ballon d’essai, qui est une approche moins procédurale mais peut-être plus efficace de la question.

|1| Que ce soit pour le rabattement d’une partie du trafic ou pour les lignes qui assureront une desserte plus fine des quartiers que le tram ne peut le faire ou le compléteront, principe qui est défendu dans nos publications depuis le début, soit dit en passant.


Précisions sur le Quai de Rome
posté le 8 septembre 2011 par François Schreuer

Voici quelques précisions concernant le Quai de Rome, rédigées suite au courrier d’un de ses habitants qui nous a fait part de son désaccord sur certains points de notre courrier (comme ça, tout qui le souhaite peut réagir ou compléter) :

Stationnement Le projet tel que présenté va augmenter le nombre de places de parking en voirie sur le quai de Rome. En effet, il y aura deux rangées de parking là où il n’y en a aujourd’hui qu’une seule. Si l’on veut être prévis, on ajoutera que la nouvelle rangée, le long de la Meuse, ne sera pas interrompue, comme celle qui est située le long des immeubles, par les entrées de garage. Même en supprimant, comme nous le suggérons ici, les quelques dizaines de places qui empêchent de réaliser un cheminement cyclo-pédestre continu le long de la Meuse, on restera nettement au-dessus du nombre actuel (on parle bien du quai de Rome). À l’échelle du périmètre entier (y compris Blonden et Frère-Orban), cependant, le nombre de places sera réduit (d’environ 15 %) mais ça tient à une seule raison : la suppression du parking de l’Héliport, lequel fonctionne actuellement comme un parking de dissuasion à l’intérieur de la ville (ce qui n’est pas une très bonne idée) et sera remplacé par des parkings hors du centre (notamment le P+R qui est prévu à Sclessin). Il faut aussi ajouter que de nombreuses nouvelles places de parking ont été ou vont être créées dans le quartier, notamment dans les sous-sols du nouvel immeuble des finances (et l’on sait que les fonctionnaires des finances font partie des utilisateurs du parking de l’Héliport).

Arbres Même si certains d’entre eux n’y sont pas favorables, nous pensons que la présence d’arbres tout au long du quai améliorera la qualité de vie des habitants : réduction des réverbérations sonores, effet sur la qualité de l’air, incitant psychologique à réduire la vitesse (et donc le bruit), protection contre la canicule en été,... Ces arbres constitueront aussi, s’ils sont plantés, un élément de continuité biologique entre le Parc d’Avroy et la collines du Sud de la ville ; ils apporteront donc de la vie, des oiseaux,... Quant à la vue, elle s’en trouvera changée, c’est vrai, mais elle ne disparaîtra pas. Il n’est sans doute pas absurde de rappeler que le quai de Rome était planté jusque dans les années ’60 (leur abattage pour la réalisation de voies rapides a d’ailleurs été très vivement contesté, déjà à l’époque), et que l’habitat en bord de Meuse a toujours fait bon ménage avec de grandes allées plantées.

Légitimité de la prise de parole Un projet d’une aussi grande ampleur que l’est celui-ci est loin de concerner ses seuls riverains. Il concerne aussi de nombreux usagers des lieux, qui ont aussi le droit de faire valoir leur point de vue. Il se trouve, par exemple, qu’urbAgora compte un certain nombre d’usagers quotidiens du vélo. Pour ces personnes (qui connaissent sur le bout des doigts les défauts du RAVeL et n’ont pas envie de voir les mêmes erreurs se reproduire), la qualité du cheminement cyclable (notamment les interconnexions avec le centre, avec la passerelle ou avec le Pont de Fragnée) est un enjeu déterminant. Quand nous écrivons un courrier dans le cadre de l’enquête publique, c’est aussi cet avis-là que nous faisons valoir — et il n’est probablement pas moins légitime que le souhait de certains riverains à voir augmenter le nombre des places de parking sur le quai.

Au plaisir de lire vos réactions et commentaires,

FS


Circulaton des bus
posté le 7 septembre 2011 par GIL

Ci-dessous l’avis envoyé :

Ma seule remarque ira au manque de prise en compte de la circulation des bus dans ces aménagements.

Il peut en effet sembler :

  • Que tout projet d’aménagement et particulièrement un projet défendant une approche multimodale se doit de prendre en compte les trajets effectués par les bus et la position de leurs arrêts.
  • Qu’il est manifeste que le tram en projet ne pourra remplacer tous les bus existants actuellement : des bus seront conservés, des mutations de lignes seront nécessaires pour compléter le réseau.
  • Que ces bus resteront le moyen de transport d’une grande partie de la population liégeoise et qu’il importe donc de ne pas les considérer comme un transport secondaire par rapport au tram.
  • Que ce rôle des bus doit être conçu, au moins pour la circulation en ville, de manière autonome et non comme un rabattement vers l’axe tram, très pénalisant en terme de confort et de durée de trajet (notamment pour les personnes âgées).
  • Que les bus restants participeront à une desserte plus localisée et à un maillage complet du territoire urbain.
  • Qu’il est donc nécessaire que la circulation des bus se fasse dans les meilleures conditions possibles, ce qui sous-entend, pour un réseau de bus moderne, des sites propres et des arrêts confortables et accessibles, pour les habitants comme pour les chauffeurs.
  • Que ces trajets et arrêts ont une incidence non négligeable sur les cheminements piétons qui y mènent et sur les places de parkings prévues qui seraient occupées par les arrêts.
  • Qu’il est sans doute plus utile à un grand nombre des habitants, même si c’est moins « spectaculaire », de réserver de l’espace au bus plutôt qu’aux promenades à vélo ou au tram (même si ces moyens de transport doivent aussi être développés).
  • Que pour le cas présent les bus 2,3,4 et 25 s’arrêtent actuellement au cœur du quartier de Fragnée (place des Franchises ou rue de Fragnée), ce qui ne sera pas du tram.
  • Que ces bus permettent actuellement de circuler dans une grande part du noyau urbain.
  • Que le trajet de ces bus n’a pu être précisé lors de la réunion publique, malgré l’incidence de ce projet sur les trajets actuels.
  • Qu’il est sûr pourtant que de nombreux bus, urbains ou périphériques, continueront à joindre les Guillemins et puis le centre ville depuis le pont de Fragnée et la place Leman.
  • Que ces bus, n’empruntant plus sans doute le boulevard d’Avroy, devront disposer de couloirs de qualité équivalente leur permettant de joindre le centre sans être bloqués par la circulation.
  • Que rien ne semble pourtant prévu, en terme de couloirs bus et d’arrêts, pour la traversée du quartier de Fragnée et pour l’accès nécessaire depuis ce quartier (mais aussi du reste de l’agglomération) aux pôles fréquentés de la rive gauche non desservis par le tram (Université, Chiroux, théâtre, Van Beneden, Evêché, Batte, port, passerelle Saucy, …).
  • Que les concepteurs du projet ont manifestement oublié le problème.
  • Qu’un couloir bus longeant la rive gauche ou cheminant parallèlement à celle-ci semble pourtant le trajet alternatif au tram à conserver et à développer, utile à l’ensemble de l’agglomération.
  • Que cette liaison a toujours existé.
  • Qu’il en est de même pour prolonger ces bus vers le centre ville puis vers la rive droite, comme cela est possible actuellement.
  • Que le choix d’une circulation des bus au sein de la circulation n’est pas judicieux.
  • Que le prouve à suffisance la circulation pénible des bus englués rue Buisseret, même si cette artère serait libérée d’une partie de son trafic parasite.
  • Que la mise à double sens de la rue de Fragnée restreindrait encore les possibilités de site propre.
  • Qu’il en serait de même sur les autres artères empruntées.
  • Qu’un passage des bus excentré sur les quais dans le quartier de Fragnée, obligeant les usagers à traverser les quais jusqu’en bord de Meuse, semble peu à même de satisfaire les habitants, et notamment les personnes âgées qui constituent une part importante des résidents.
  • Que la préférence doit être donnée à un passage des bus en site propre au sein des quartiers.
  • Qu’il semble donc nécessaire de définir un trajet bus occupant, en site propre, la rue Buisseret et/ou la rue de Fragnée, l’avenue Blonden, le boulevard Piercot et les quais de la Meuse au-delà, pour mener à proximité du centre et puis en rive droite.

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